Dans toute l'Europe, les organisations repensent les outils qu'elles utilisent pour collaborer. Avec des réglementations plus strictes telles que GDPR, NIS2 et DORA, et une prise de conscience croissante de la souveraineté numérique, de nombreux responsables de l'informatique et de la conformité se posent une question simple : Est-il temps d'abandonner les plateformes de communication basées aux États-Unis telles que Slack et MS Teams ?
La réponse s'oriente de plus en plus vers des alternatives européennes, des plateformes conçues au sein de la juridiction de l'UE, alignées sur les cadres de conformité locaux. Ce changement est nécessaire pour reprendre le contrôle de la résidence des données et de la communication à une époque où la vie privée, la souveraineté et la confiance sont sous pression.
Les acteurs de la menace deviennent également plus sophistiqués, exploitant de nouvelles technologies telles que l'IA et l'automatisation de l'apprentissage profond pour cibler les systèmes d'entreprise. Selon le Forum économique mondial, 72 % des dirigeants mondiaux ont déclaré avoir enregistré une augmentation marquée des cyberrisques d'entreprise. Si l'on ajoute à cela les tensions géopolitiques actuelles et l'interdépendance croissante des systèmes numériques, la sécurisation des communications devient une nécessité stratégique.
Des outils populaires comme Slack et Microsoft Teams dominent la communication d'entreprise, mais leur chiffrement de bout en bout et leur protection des métadonnées inadéquats deviennent impossibles à ignorer. Ils comportent également des points d'accès dérobés que les acteurs de la menace peuvent exploiter. Les deux plateformes sont basées aux États-Unis et sont soumises à des lois extraterritoriales telles que le CLOUD Act, qui permet aux autorités américaines d'accéder aux données stockées par des entreprises américaines, quel que soit l'endroit où elles se trouvent. Cette disposition est en contradiction directe avec le GDPR. Ces questions posent de graves problèmes aux organisations européennes, en particulier à celles qui travaillent dans des secteurs sensibles et très réglementés. Alors que la région poursuit son programme de souveraineté numérique, il est temps pour les entreprises d'envisager des alternatives européennes pour leurs besoins de communication.
Une plateforme de collaboration véritablement souveraine doit être conviviale et facile à intégrer, mais un outil conçu pour les organisations européennes doit également garantir une sécurité et une confidentialité maximales des données tout en s'alignant sur l'agenda émergent de la souveraineté numérique. Voici quelques caractéristiques clés à prendre en compte lors de la sélection d'une solution de messagerie et de collaboration européenne :
Chiffrement de bout en bout (E2EE) : Le chiffrement intégral doit s'appliquer à toutes les communications - messages, appels et fichiers - à la fois au repos et en transit. Slack, MS Teams et de nombreuses autres applications d'entreprise ne chiffrent pas entièrement les messages, les appels et les fichiers. Les métadonnées ne sont souvent pas chiffrées. Pour se conformer aux réglementations européennes en matière de confidentialité et de sécurité des données, telles que le GDPR et le NIS2, la plateforme de communication doit garantir un chiffrement de bout en bout pour toutes les activités sur la plateforme et étendre la protection aux métadonnées également. Les messages doivent être cryptés au repos et en transit et ne doivent être accessibles qu'aux destinataires prévus.
Résidence des données et juridiction : Le GDPR impose des restrictions strictes sur les transferts de données en dehors de l'UE et la région fait de plus en plus pression pour que les fournisseurs de logiciels soient soumis à des exigences en matière de résidence des données. Une plateforme de communication européenne doit avoir des serveurs d'hébergement au sein de l'UE/EEE pour se conformer aux réglementations locales et réduire l'exposition aux lois de surveillance étrangères.
Conformité et souveraineté: L'UE abrite certaines des réglementations les plus strictes au monde en matière de confidentialité et de sécurité des données, telles que le GDPR, la directive NIS2 et la DORA. Les outils de communication doivent être conformes à toutes les lois pertinentes et disposer des processus nécessaires pour répondre à toutes les exigences en matière de signalement d'incidents et de transferts de données. L'outil doit également être suffisamment souple pour s'adapter rapidement aux normes et cadres émergents, notamment en ce qui concerne la souveraineté numérique.
Transparence et source ouverte : L'un des objectifs de la souveraineté numérique est de garantir la transparence et d'éviter le verrouillage des fournisseurs. La plateforme de communication doit être à source ouverte , avec un code accessible au public, une architecture vérifiable et aucune porte dérobée cachée.
Voici un aperçu des principaux fournisseurs européens de plateformes de communication et de la manière dont ils répondent aux exigences de souveraineté et de conformité de la région :
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Fonctionnalité |
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Chiffrement de bout en bout |
Par défaut pour les messages et les appels |
Protocoles ouverts soutenus |
Par défaut, fort accent sur la protection de la vie privée |
Par défaut pour les appels et les chats |
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Résidence des données |
Allemagne et Suisse |
Modèle fédéré avec des nœuds de données de l'UE |
Suisse |
Auto-hébergement pour une résidence totale dans l'UE |
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Source ouverte |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
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Cadres de conformité |
GDPR, NIS2 |
GDPR |
GDPR et droit suisse |
GDPR et normes de l'UE en matière de confidentialité des données |
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Collaboration |
Messagerie sécurisée, vidéo, partage de fichiers, chambres d'hôtes |
Messagerie, VoIP, ponts vers d'autres réseaux |
Messagerie, voix, sondage |
Chat, documents, vidéo |
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Transparence |
Audits réguliers, code ouvert |
Normes ouvertes, audits indépendants |
Côté serveur fermé |
Dirigé par la communauté |
Pendant des décennies, les fournisseurs de solutions basés aux États-Unis ont régné sur le marché européen. Ils offrent aux entreprises un mélange puissant de facilité d'utilisation, d'évolutivité et de flexibilité qui est profondément intégré dans leur infrastructure informatique. Le passage à des solutions européennes sera un défi que les entreprises doivent planifier avec soin. La transition ne concerne pas seulement la technologie, mais aussi la gestion du changement et l'adoption par les utilisateurs.
Voici quelques pistes pour aider les entreprises à gérer ce changement :
La souveraineté numérique n'est plus une simple tendance.Le choix d'une alternative européenne à Slack ou Teams est plus qu'une mise à niveau de la sécurité ; c'est un engagement stratégique en faveur de la protection des données, de la conformité et de la confiance. Les organisations européennes doivent reprendre le contrôle de leurs données et protéger les informations sensibles d'un accès extra-territorial afin de garantir une conformité totale avec les lois de l'UE et de renforcer la confiance du public.